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Le week-end a été long et vous n’avez pas tout suivi de l’actualité de la semaine ? Pas de panique, Hexagone est là ! Joyeux mardi, nous sommes le 6 octobre 2026, et voilà votre 121e briefing hebdo !
Le Briefing : Blocus Pocus
Depuis le 18 septembre dernier, un mouvement de manifestation de lycéens prend une ampleur remarquable partout en France, au point que tous les départements sont aujourd’hui concernés par des blocages d’établissements.
Le ministère fait état de 590 établissements bloqués en début de semaine, contre un peu plus de 700 en fin de semaine dernière, sans compter les perturbations des cours en ligne organisées par des élèves mobilisés pour faire entendre une variété de revendications concernant leurs conditions d’études.
Des lycéens manifestent à Guingamp © Le Télégramme
L'ÉCOLE DANS LA RUE • Les éléments les plus partagés des revendications des lycéens sont l’état déplorable de certains bâtiments scolaires et la dégradation générale des conditions de travail des élèves et des professeurs (nombre d’élèves par classe, professeurs non remplacés ou trop peu rémunérés…).
Mais d’autres colères s’y sont greffées, et on peut désormais entendre, sur les barricades de poubelles, des inquiétudes sur le niveau de vie des étudiants, le financement des services publics, ou la montée de l’extrême droite dans les urnes.
La réponse politique du Gouvernement se construit progressivement, au rythme de rencontres entre des porte-paroles et certains ministres, notamment Edouard Geffray, ministre de l’Education nationale, ou Sébastien Lecornu. En pleins débats sur le PLF 2027, le ministre a par exemple renoncé à faire payer des frais d’inscription en BTS et en classe préparatoire.
DANS LE DOUTE, TAPER FORT • L’annonce politique majeure en réponse au mouvement reste l’accélération du calendrier d’adoption du PJL dit “casseurs payeurs”, qui prévoit la création d’un régime de responsabilité (civile) collective, allant jusqu’au retrait d’aides sociales, pour les personnes participant à un attroupement dans lequel elles auraient connaissance que des dégradations seraient commises. Les réserves apportées par le Conseil d’Etat sur le texte initial l’amèneront probablement, comme l’explique Nicolas Hervieu dans les colonnes de LCP, à rester un affichage politique.
En tout cas, c’est pour l’instant la police qui est le principal interlocuteur des jeunes manifestants, dans des conditions d’une violence remarquable. 190 blessés ont été recensés par le ministère parmi les élèves, dont plusieurs ont été gravement blessés, atteints par des tirs de grenades ou de LBD ; à des degrés divers, on dénombre une soixantaine de blessés parmi les personnels de l’éducation nationale.
MANIF COLLÉGIALE • Devant la cristallisation du mouvement, un appel national à manifestation a été relayé par une intersyndicale de l’éducation nationale (FSU, CGT, FO, CFDT, UNSA, SUD), soutenus par la Ligue des droits de l’homme, l’Unef, SOS Racisme et d’autres.
Cette jonction avec les syndicats pourrait structurer le mouvement, puisque les organisations devraient fournir la médiatisation, la protection des services d’ordre, la coordination de leurs propres militants. Signe de cette convergence inattendue, la Confédération paysanne a appelé ses adhérents à rejoindre, avec leurs tracteurs, les blocages de ce mardi 6 octobre.
Mais aussi
COLLECTI-VISÉES • Dans la recherche d’économies pour le budget 2027, le Gouvernement prévoit de diminuer de 1,68 Milliards d’euros les concours financiers de l’Etat pour les collectivités territoriales, passant de 44.83 Milliards dans le PLF 2026 à 43.1 Milliards (Annexe 1 du PLF).
En outre, est prévue une diminution de 2 Milliards de l’abondement de l'État au Fonds de compensation TVA (FCTVA), qui passe à 5,87 Milliards.
Surtout, l’article 37 du PLF 2027 prévoit la création d’un reversement des collectivités vers l’Etat, au nom cristallin : la Contribution progressive des collectivités territoriales et de leurs groupements à l’effort budgétaire (CPEB). Son objectif est donc clair, selon l’exposé des motifs : “associer les collectivités territoriales et leurs groupements au redressement des comptes publics”, à hauteur de 2,5 milliards par an.
Par le jeu des exemptions, notamment des collectivités précaires, 40% des communes seront concernées. Le montant de leur contribution sera calculé en fonction d’un taux personnalisé (entre 0,5% et 3%) appliqué au montant de leurs recettes de fonctionnement de l’année N-2.
RIEN NE SE PERD, TOUT SE LIQUIDE • Dans sa dernière publication mensuelle, mise en ligne le 4 octobre, la Banque de France constate qu'à fin juillet le nombre de défaillances se stabilisait : 70 605 procédures en cumul sur douze mois, contre 70 816 en juin. Le niveau reste élevé, supérieur de 19 % à la moyenne 2010-2019 et de 4,6 % à celui de juillet 2025.
La Banque de France l'attribue en partie à une conjoncture dégradée, marquée par des chocs successifs et des incertitudes accrues qui ont fragilisé la situation financière de certaines entreprises, mais aussi à la croissance de la population d'entreprises : plus de 1,2 million de créations sur douze mois selon l'Insee (+10,8 %).
La stabilité d'ensemble masque des évolutions contrastées. La construction recule (-2,4 %), tandis que les défaillances progressent dans l'enseignement, la santé et l'action sociale (+12,4 %) et dans les conseils et services aux entreprises (+9,2 %). Par taille, la hausse est la plus nette pour les moyennes entreprises (+13,2 %), dont les défaillances dépassent de plus de 60 % leur moyenne de long terme.
Reste le coût social. Au 30 juin, le régime de garantie des salaires (AGS) avait mobilisé 1,31 Md€, soit 19,4 % de plus qu'un an plus tôt, au bénéfice de près de 158 000 salariés, et il projette jusqu'à 75 000 défaillances sur l'ensemble de 2026. Dans son enquête, la Banque de France relève par ailleurs que la situation de trésorerie reste négative dans l'industrie comme dans les services.
Nos recommandations de la semaine :
Cet excellent documentaire de LCP : “Primaires, une machine à perdre ?” - qui tombe à pic.
Ce travail d’historienne de la professeure Sophie Brouquet sur les grèves des clercs et des étudiants, fait loin d’être anecdotique, dont le poète et chroniqueur François Villon a été l’auteur et le spectateur à Paris dans les années 1440
Hexagone est rédigé par Étienne Rabotin et Ghislain Lunven.
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