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Le week-end a été long et vous n’avez pas tout suivi de l’actualité de la semaine ? Pas de panique, Hexagone est là ! Joyeux mardi, nous sommes le 13 octobre 2026, et voilà votre 122e briefing hebdo !
Le Briefing :
TAUX D’ALERTE • Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, s’est rendu à Londres le jeudi 8 octobre pour rassurer les investisseurs de la City sur la qualité de la dette française, après avoir donné des entretiens à Bloomberg et à la BBC.
La City de Londres, où se concentrent nombre d’investisseurs institutionnels achetant la dette française.
Le 2 octobre, l’écart de rendement entre l’OAT (obligation assimilable du trésor - titres de dette français) et le Bund allemand à dix ans a atteint 152 points de base, son niveau le plus élevé depuis la crise de la dette de la zone euro en 2011. Le rendement de l’OAT à dix ans a franchi 4,98 %, un record depuis 2002, contre environ 3,6 % trois mois plus tôt.
Le ministre a déclaré que la demande pour la signature française restait soutenue. Son ministère a indiqué qu’il ne modifierait pas sa stratégie d’émission. À la BBC, il a jugé le déficit alarmant mais s’est dit optimiste sur l’adoption du budget 2027. Pour mémoire, le budget 2027 prévoit un effort de 54 milliards d’euros par rapport à la trajectoire tendancielle, pour un déficit ramené de 5,4 % à 5 % du PIB. La dette atteindrait 122 % du PIB en 2027, contre 119 % cette année. La charge d’intérêts passant, elle, de 62,6 à 72,9 milliards d’euros.
Certains investisseurs ont toutefois cédé leurs positions : en particulier, les fonds japonais tels que Sumitomo Mitsui DS Asset Management ont liquidé tout ou partie de leurs avoirs en dette française.
Mais aussi
CREUSE TOUJOURS • Le groupe minier Eramet, en difficultés financières, devrait boucler prochainement une augmentation de capital exceptionnelle non seulement par son montant (500 millions d’euros, soit 20% de sa capitalisation), mais surtout parce qu’elle fera de l’Etat son actionnaire principal, bien que toujours pas majoritaire.
Hexagone vous en parlait au printemps dernier (cf. Hexagone du 17/03) : après des résultats en forte régression, des mouvements de direction avaient poussé dehors l’ancien DG Paulo Castellari ; les actionnaires avaient consenti, après des pertes de 477 millions en 2025, à une augmentation de capital à hauteur de 500 millions pour la fin 2026.
C’est donc la nouvelle PDG, Christel Bories (déjà présidente jusqu’en 2021, et re-nommée par intérim en février dernier), qui a négocié la montée au capital de l’Etat.
Le montant d’investissements de l’Etat n’a pas été encore validé, mais le groupe a annoncé qu’il ne dépasserait pas 49%, pour éviter une nationalisation. Quoi qu’il en soit, l’entreprise restera donc probablement détenue majoritairement par la famille Duval.
En juin, le Financial Times écrivait qu’un fonds d’investissement américain, Orion CMC, avait montré son intérêt pour un rachat de parts de l’entreprise. A ce stade, aucune nouvelle information n’a été donnée sur une éventuelle participation de ce fonds à l’augmentation de capital qui, toujours selon Eramet, devrait intervenir entre la fin octobre et décembre 2026.
RENSEIGNEMENT • Deux agents des services de renseignement nigériens, affectés à l’ambassade du Niger à Paris, ont été déclarés persona non grata par la France le 16 septembre et ont quitté le territoire trois jours plus tard. L’information a été révélée le 8 octobre par Le Monde.
Selon Le Monde, qui cite une source nigérienne, l’un des deux était soupçonné de surveiller des opposants au pouvoir de Niamey installés en France.
Cette décision s’inscrit dans une dégradation de la relation bilatérale engagée en 2023. Le Niger avait alors dénoncé ses accords de coopération militaire avec la France et ordonné l’expulsion de l’ambassadeur Sylvain Itté, avec 48 heures pour quitter le pays.
MICRO STATUT • L’inspection générale des affaires sociales (IGAS) a rendu fin septembre un rapport d’évaluation du régime des micro-entrepreneurs, créé en 2008 pour simplifier le régime social et fiscal des particuliers entrepreneurs.
Selon les principales conclusions du rapport, les effets réels sur l’emploi, les revenus des entrepreneurs, et la création de valeur, restent limités.
Entre 2012 et 2022, le nombre d’auto-entrepreneurs en France a triplé, jusqu’à atteindre 1,8 millions, et ce sont aujourd’hui plus de trois immatriculations sur cinq qui se font sous ce régime.
Le rapport distingue quatre grandes familles de micro-entrepreneurs : les salariés qui ont une activité à titre accessoire, les auto-entrepreneurs à titre principal qui se rémunèrent mieux que la moyenne, les AE à titre principal qui demeurent précaires, et les étudiants/salariés.
Ces quatre groupes reflètent les principaux objectifs du dispositifs : permettre à des salariés de produire un revenu complémentaire, rémunérer des personnes éloignées de l’emploi, régulariser des activités “sous les radars”.
Néanmoins, le rapport conclut que le régime manque à son rôle de tremplin, et relève que le statut d’AE entraîne une dépendance économique plus forte que pour les autres travailleurs indépendants. Les auto-entreprises ont une durée de vie courte, puisque seules 39% de celles créées en 2018 ont atteint 5 ans, contre 63% pour les entreprises individuelles au régime réel.
Pour les AE à titre principal, le revenu médian dépasse à peine la moitié d’un SMIC à temps plein, et moins d’1% des AE évolue chaque année vers un emploi plus structuré. Un problème de fond qu’une réforme légère ne pourra pas corriger, tant il apparaît que le statut d’AE se substitue au salariat dans certains secteurs.
C’est pourquoi l’IGAS préconise trois séries de mesures : renforcer l’accompagnement en favorisant un rôle de transition vers des carrières plus structurées ; limiter la fraude en imposant, notamment, une comptabilité séparée ; recentrer le dispositif sur certaines professions.
Hexagone est rédigé par Étienne Rabotin et Ghislain Lunven.
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