Finances locales, Invitation, Négociations et Nouvelle-Calédonie

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Hexagone
5 min ⋅ 03/03/2026

Le week-end a été long et vous n’avez pas tout suivi de l’actualité de la semaine ? Pas de panique, Hexagone est là ! Joyeux mardi, nous sommes le 3 mars 2026, et voilà votre 96e briefing hebdo !

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Le Briefing : 

FONDS DE TERROIRS • Pour bien préparer les municipales (qui auront lieu les 15 et 22 mars, allez voter), l’Institut Montaigne met en ligne un chiffrage des propositions des candidats pour les 12 plus grandes villes de France, et surtout une note d’analyse budgétaire sur les finances de ces dernières.

De cette note conséquente, le point de départ est clair : alors que l’Institut Montaigne estimait l’année dernière à 140 Milliards d’euros les économies à réaliser dans le budget de l’Etat d’ici à 2029 (cf. note de novembre 2025), il y a fort à parier que les reversements de l’Etat vers les collectivités vont se tarir. L’enjeu de la santé financière actuelle est donc surtout celui de la capacité d’absorption du choc qui vient.

Une fois n’est pas coutume, Toulon en tête du championnat

MERGITUR • Une étude identique avait été menée en 2019, ce qui permet de décrire une évolution : la note moyenne, sur 10 points, recule de 6,2 à 5,6, et dix des douze villes voient leur note reculer. 

L’analyse de l’Institut Montaigne précise que la situation la plus dégradée est celle de la ville de Paris (3,4/10), suivie par Strasbourg (4,2/10) et Marseille (4,7/10). 

Dans la capitale, la situation se caractérise par un budget de plus de 4500€/habitant, le plus élevé de France (et de loin, Strasbourg compte par exemple 2144€/habitant). Le problème est ancien, dans une ville dont la pression fiscale était historiquement basse par rapport aux autres grandes métropoles, et au niveau d’investissement structurellement élevé qui s’ajoute à une dérive des coûts de fonctionnement dans la dernière mandature. 

Les investissements, qui ont progressé intensément, y sont financés quasi-exclusivement par l’emprunt : le niveau d’endettement s’est envolé depuis 2019 : la durée de désendettement est passée de 13 ans à 38 ans, pour un niveau de dette par habitant de 4930€ aujourd’hui. 

CHEFS DE VILLE • Plusieurs villes sont en meilleure forme. Montpellier, Toulon et Lyon ont conservé depuis la dernière mandature un niveau d’endettement faible et des dépenses de fonctionnement par habitant raisonnables. 

Pourtant, une comparaison critère par critère ne fait pas ressortir que l’état financier serait corrélé à une étiquette politique ou à un fléchage plus ou moins vert des investissements : la seule variable qui fait la différence est “la qualité de la gestion financière” et la faculté à maîtriser la hausse des coûts de fonctionnement en contexte inflationniste.  

Alors que l’endettement des collectivités se répercute sur les finances de l’Etat, qui leur transfère une part importante de leurs ressources, l’Institut Montaigne relève que les programmes des candidats, portés sur l’investissement, ne poussent pas de projets d’économies d’ampleur. 

Deux leviers pourraient être actionnés : d’une part, une meilleure mutualisation des services entre les différentes strates locales (en dix ans, 125.000 agents ont été recrutés dans les intercommunalités, alors que seuls 23.000 ont quitté les effectifs des communes) ; d’autre part, une hausse de la fiscalité locale, ce qui a déjà été le cas à Paris, Marseille ou Nantes.

Evènement
Fin mars, ce sera déjà le 100ème numéro d’Hexagone !
Pour fêter ça, on vous propose pour la première fois une discussion en chair et en os, le 23 mars,
autour d’une invitée de marque : 
Aurélie Bretonneau, secrétaire générale du Conseil constitutionnel 
L’occasion de se rencontrer entre lecteurs, mais surtout d’échanger sur l’actualité du droit et de la décision publique avec l’une de ses meilleures expertes, à la parole rare !
📍​Lieu : Sciences Po, Paris (75007), amphithéâtre Leroy-Beaulieu
📅Date : Lundi 23 mars, 19h15-21h
Prenez vite votre place en cliquant ici - c’est ouvert à tous mais les places sont limitées ! 

Mais aussi


PAS TROP NAL •  Le 25 février 2026, les organisations patronales et au moins un syndicat, la CFDT, ont trouvé un accord sur la réforme de l’indemnisation chômage des salariés ayant bénéficié d’une rupture conventionnelle, au terme d’une dernière séance de négociations demandée par le gouvernement, qui avait imposé à l’organisme de trouver au moins 400 millions d’euros d’économies.

En 2024, les ruptures conventionnelles ont représenté 21 % des dépenses d’allocations chômage, soit un peu plus de 9 milliards d’euros pour l’Unédic, ce qui en fait un poste particulièrement coûteux.

Ce dispositif, créé en 2008 à l’initiative du patronat pour faciliter la rupture des CDI d’un commun accord tout en ouvrant droit à indemnité et aux allocations chômage, a connu un succès croissant : 515 000 ruptures conventionnelles ont été recensées en 2024, en forte hausse depuis 2015.

L’exécutif avait circonscrit la négociation aux conditions d’indemnisation des bénéficiaires de ruptures conventionnelles, en renonçant à des objectifs d’économies plus ambitieux qui avaient été évoqués auparavant, afin d’éviter un blocage politique dans le cadre de l’examen du PLF. 

L’accord conclu mercredi soir traduit ce cadrage resserré. Il entérine un durcissement des règles d’indemnisation pour les salariés concernés, avec pour objectif affiché de limiter les abus et d’encourager un retour plus rapide à l’emploi, sans remettre en cause le principe même de la rupture conventionnelle, toujours jugée utile dans les entreprises.

Le texte final prévoit un passage de 18 à 15 mois d’indemnisation pour les allocataires de moins de 55 ans et une durée ramenée à 20,5 mois pour les 55 ans et plus, contre 22,5 mois aujourd’hui pour les 55-56 ans et 27 mois à partir de 57 ans. 

L’accord, qui doit encore être validé par les instances des organisations signataires puis voté par le Parlement pour entrer en vigueur, est calibré pour générer des économies croissantes pour l’Unédic : 20 millions d’euros la première année, 270 millions la deuxième, 760 millions la troisième et jusqu’à 940 millions d’euros en régime de croisière.


NOUVELLE-CALÉDONIE • Le 24 février 2026, le Sénat a adopté le projet de loi constitutionnelle relatif à la Nouvelle-Calédonie par 215 voix pour, 41 contre et 89 abstentions. Il est désormais soumis à l’Assemblée nationale, qui devra l’adopter dans les mêmes termes, avant un vote à la majorité des trois cinquièmes par le Congrès (réunion des deux chambres) pour qu’il soit définitivement adopté. 

Défendu en séance par le Premier ministre Sébastien Lecornu et la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou, le texte vise à traduire dans la Constitution les équilibres issus de l’accord de Bougival, signé en juillet 2025, puis complété en janvier par l’accord dit Élysée-Oudinot. 

Sur le fond, la révision est largement bâtie sur la loi organique de 1999. Elle devrait préciser la répartition des compétences entre l’État, la Nouvelle-Calédonie et les provinces, ainsi que les modalités d’éventuels transferts, y compris dans des domaines régaliens. 

Elle aborde des sujets sensibles comme la nationalité calédonienne, l’association de la Nouvelle-Calédonie à l’exercice de certaines compétences régaliennes, les conditions d’exercice des relations internationales, le cadre fiscal et financier et les mécanismes de solidarité, ainsi que la procédure de transferts vers les provinces

Le texte prévoit également un quatrième report des élections provinciales, justifié par le gouvernement au nom de la « mise en cohérence institutionnelle » et de la nécessité d’organiser le scrutin dans un cadre stabilisé. Plusieurs amendements ont été adoptés, notamment à l’initiative de la rapporteure Agnès Canayer et du groupe socialiste, afin de rappeler les orientations de l’accord de Nouméa et de préciser que la future loi organique ne pourra méconnaître le principe d’auto-organisation ni remettre en cause l’unité institutionnelle de la Nouvelle-Calédonie.

Ce vote intervient dans un contexte budgétaire et financier particulièrement tendu. Quelques jours auparavant, le Congrès de Nouvelle-Calédonie avait adopté à l’unanimité le triple budget 2026, après une première version jugée « invotable » faute de recettes suffisantes, grâce au soutien financier exceptionnel de l’État acté en marge de l’accord Élysée-Oudinot.


Nos lectures de la semaine

  • Le discours d’Emmanuel Macron sur la “dissuasion avancée”, prononcé hier à la base de l’Île Longue, qui prévoit d’étendre vers les alliés européens le parapluie nucléaire français. 


Hexagone est rédigé par Étienne Rabotin et Ghislain Lunven.

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